Rafale : avec la vente à l’Egypte, l’avion de combat de Dassault s’affirme progressivement à l’export – Le Monde

Le président français Emmanuel Macron accueille le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi à l’Elysée, à Paris, le 7 décembre 2020. Le président français Emmanuel Macron accueille le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi à l’Elysée, à Paris, le 7 décembre 2020.

La négociation était de longue date dans les tuyaux, mais il manquait le paraphe final. Mardi 4 mai au matin, le ministère de la défense égyptien a finalement annoncé que « l’Egypte et la France ont signé un contrat de fourniture de 30 avions Rafale ». Une annonce confirmée par la ministre des armées Florence Parly et Dassault Aviation dans la foulée. Cela faisait suite à la révélation de ce contrat par le média d’investigation français Disclose. Cette vente d’un montant total de 3,95 milliards d’euros, sera financée par un prêt sur dix ans.

Lundi soir, une source française restait encore très prudente, se bornant encore à évoquer « des discussions très avancées ont avec l’Egypte », tandis que l’avionneur Dassault, lui, ne commentait pas ces informations. Cette fuite apparaissait potentiellement destinée à compromettre cette vente avec un pays régulièrement critiqué pour ses atteintes aux droits de l’homme. Mais la tonalité a changé mardi matin.

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Selon Disclose, une délégation égyptienne était ainsi attendue à Paris, mardi, pour parapher, au ministère de l’économie et des finances, le volet financier de cette vente composée de plusieurs contrats : la vente de 30 avions Rafale pour 3,75 milliards d’euros, mais aussi des éléments d’armement avec le missilier MBDA et Safran Electronics & Defense pour un montant de 200 millions d’euros.

Un réel empressement

La mauvaise santé de l’économie égyptienne oblige le pays à s’endetter pour s’offrir ces équipements. C’est ce dernier point qui devait encore être finalisé avant l’annonce du contrat, signé initialement le 26 avril. Si les termes de l’accord ne changent pas, Paris devrait se porter caution sur 85 % du montant total auprès de plusieurs établissements bancaires français tels que le Crédit agricole, la Société générale et le CIC.

Ce marché est le deuxième du genre de la France à l’Egypte. En février 2015, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, avait déjà commandé 24 Rafale. Il avait été ainsi le premier pays à ouvrir le bal des exportations aux avions de combat de Dassault, alors que l’appareil a souvent eu du mal à se positionner à l’étranger face aux avions américains. Depuis, le Qatar (en 2015 avec 24 Rafale), l’Inde (en 2016 avec 36 appareils) et la Grèce (en janvier avec 6 appareils neufs et 12 d’occasion), ont emboîté le pas à l’Egypte.

Cette commande, moins de deux ans après la livraison du dernier Rafale, démontre en tout cas un réel empressement côté égyptien, à se doter de moyens militaires alors que son environnement sécuritaire régional est en train d’être une nouvelle fois chamboulé. Des préoccupations qui rejoignent les intérêts de Paris, soucieux de « verrous stratégiques » sur le continent africain. Au mois de mars, le patron de la direction générale de la sécurité extérieure, Bernard Emié, était à ce titre en visite au Caire.

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